Le gouvernement français finance l’offshore marocain

Lors de sa récente visite au Maroc, Jean-Marc Ayrault a annoncé l’octroi d’un prêt de 100 M€ pour les activités offshore de Casanearshore. Une décision « invraisemblable », pour le Munci.

« C’est la nouvelle la plus invraisemblable que nous ayons eue à commenter en presque dix ans d’existence ! » Surson site, le Munci, association professionnelle des informaticiens, n’a pas assez de mots durs pour fustiger le principe de « colocalisation » énoncé par Jean-Marc Ayrault.
C’est lors de sa visite au Maroc, les 12 et 13 décembre derniers, que le Premier ministre a vanté les mérites de cette colocalisation, « un partenariat gagnant-gagnant ». A l’inverse de la délocalisation, destructrice d’emplois, la colocalisation,« si elle résulte d’une analyse fine de la valeur ajoutée […] peut être bénéfique et soutenir l’activité des deux côtés de la Méditerranée ».
L’un de ces partenariats entre la France et le Maroc concerne le secteur IT. L’Agence française de développement (AFD) octroie un prêt de 150 millions d’euros en faveur de MedZ, la filiale de la Caisse des dépôts marocaine en charge du développement des technopoles IT et BPO marocaines.

Casa, la « Bangalore de la Méditerranée »

Dans cette enveloppe, un prêt d’un montant de 100 millions d’euros est clairement « destiné au refinancement des activités offshoring développées par la société Casanearshore ».« Bangalore de la Méditerranée », Casanearshore héberge un grand nombre de SSII et de centres d’appels recourant à une main d’œuvre locale bon marché.
Ce prêt scandalise le Munci, qui a fait de la lutte contre l’offshore l’un de ses chevaux de bataille. Alors que la France est en déficit, que le chômage progresse fortement chez les informaticiens et que le redressement industriel et le patriotisme économique sont censés être des priorités« le gouvernement n’a pas trouvé mieux que de favoriser le développement de l’offshoring au Maroc ».
Pour le Munci, « s’il ne s’agit pas de diaboliser excessivement ces emplois qualifiés, qui participent à la croissance des pays en voie de développement, l’offshore doit néanmoinsêtre découragé par les pouvoirs publics. Ces externalisations d’emplois dans les pays à bas coûts, le plus souvent des emplois qualifiés, ne créent strictement aucune richesse et aucun emploi en France. » Bien au contraire, pour l’association.

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